Appel à la lutte contre Bachar al-Assad : une trahison de plus pour le syndicalisme français

Dans une déclaration commune du 5 décembre 2012, les syndicats CGT, FSU et Solidaires ont clamé leur soutien au « peuple syrien » et appelé « la communauté internationale à redoubler d’efforts et de détermination pour que soient enfin respectés les droits humains et que cesse cette barbarie ».

On l’aura deviné, il ne s’agit en aucun cas d’un élan de solidarité réelle avec le peuple syrien, mais bien d’un appel à l’ingérence humanitaire, paravent gauchiste et larmoyant de la campagne d’attaques d’États étrangers (au premier rang desquels : la France) contre le gouvernement de Bachar al-Assad par l’intermédiaire du djihadisme sponsorisé. Bref, une exhortation à la destruction par le menu de l’une des dernières nations proprement souveraines du Moyen-Orient.

En ce qui concerne les objectifs de lutte de nos syndicats, on ne peut que rester perplexe. D’abord, leur soutien à l’impérialisme des pays de l’OTAN fait tâche. Il n’est plus à prouver que l’atlanto-sionisme (car Israël a bien un rôle déterminant dans la politique atlantiste) a été dans le monde l’idéologie la plus mortifère de ces vingt dernières années. On ne compte plus les centaines de milliers de morts générés en Yougoslavie, en Afghanistan, en Irak, en Libye par la puissance militaire des Anglo-Saxons et de leurs vassaux européens.

Mais rappelons également aux syndicats une réalité qui les concerne peut-être plus directement encore et qu’ils semblent avoir « oubliée » : l’OTAN est in fine le bras armé du pouvoir bancaire.

À la décharge des syndicats concernés, même la « gauche » anti-impérialiste semble légèrement aveugle sur ce sujet, puisqu’elle se borne à ne voir dans les guerres atlantistes que la poursuite agressive d’intérêts néo-coloniaux liés aux matières premières (voir par exemple ici), et semble oublier que la destruction des nations du Moyen-Orient obéit aussi, et peut-être surtout, à la volonté d’une oligarchie financière apatride de formater tous les territoires de la planète sur le modèle du dollar-roi, de la dette publique, de l’arrimage des États et des peuples aux chaînes de l’usure.

Cette domination par la banque, qui ne peut tolérer dans sa logique propre aucune subversion par le patriotisme économique, ne peut s’accomplir à la toute fin que par l’intermédiaire de la puissance militaire, dernier recours pour déloger les pouvoirs locaux insensibles aux sanctions et autres pressions « douces ». Qu’on songe par exemple aux conséquences des projets monétaires de Kadhafi (instauration du dinar-or) ou de la décision de Saddam Hussein de vendre son pétrole en or et non plus en dollars… L’OTAN n’est donc, au final, que la dernière arme du pouvoir bancaire sur le long râtelier de ses possibilités de coercition.

Or, a-t-il échappé à la CGT, à la FSU et à Solidaires que l’oligarchie bancaire internationale est leur ennemi objectif primaire dans leur lutte officielle pour les droits des travailleurs ?

Pour des syndicats comme pour la « gauche » en général, il est donc difficile de trahir ses objectifs historiques de manière plus éclatante qu’en soutenant la destruction de la Syrie – et, derrière, de l’Iran – par le bras armé de l’oligarchie financière. On n’est décidément plus à une contradiction près de la part des syndicats, et l’histoire de certains ne ressemble plus désormais qu’à une longue liste de trahisons des travailleurs.

Source: E&R

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