‘Un conseil à nos lecteurs français: si la volatilité actuelle des obligations se poursuit, vous pourriez souhaiter ne pas voir ce qui se passera’

Dans la nuit de mercredi à jeudi, après 6 heures de discussions, les ministres des finances de l’Eurogroupe ont réussi à se mettre d’accord sur la méthode à appliquer lorsque des banques européennes se trouvent en grave difficulté.

Ce seront les actionnaires et les créanciers qui seront mis à contribution au premier rang. Ils subiront une ‘coupe de cheveux’ de 8% minimum du passif. Ensuite, en second rang, c’est un fonds d’aide de l’UE (le MES, par exemple), qui prendra le relai, mais seulement à hauteur de 5% du passif. Et si cela ne suffit pas, les épargnants et les entreprises dont les comptes dépassent 100.000 euros d’encours devront mettre la main à la poche.

Pour l’économiste français Philippe Herlin, cela n’a rien de rassurant. D’abord, il rappelle qu’une banque connaissant de graves difficultés pourrait facilement avoir des pertes dépassant 13% du passif, et donc que les épargnants seraient probablement toujours sollicités. Ce ne seraient pas les personnes physiques qui seraient les plus affectées, mais les entreprises, et la perte d’une perte d’une partie de leur trésorerie pourrait les mettre elles-mêmes en danger de dépôt de bilan, ce qui signifie que cela pourrait provoquer une récession, à l’image de ce qui se passe actuellement à Chypre.

Mais ces nouvelles règles vont probablement changer la façon dont les épargnants conservent leurs avoirs. Ils vont probablement prendre l’habitude de répartir leur épargne sur plusieurs comptes pour éviter de détenir des comptes garnis d’encours supérieurs au seuil fatidique de 100.000 euros. La raréfaction des comptes avec de tels encours motivera donc probablement les gouvernements à ponctionner également les comptes moins bien dotés, et donc, tous les clients de la banque ayant des comptes avec un solde positif pourraient être concernés, spécule Herlin.

Quelles sont les banques européennes spécialement vulnérables ? Les banques françaises en particulier, indique une étude du Center for Risk Management de Lausanne, qui a modélisé ce qui se passerait en cas de chute des indices boursiers mondiaux de 40% sur un semestre.

L’étude montre que si une telle crise se produisait, Crédit Agricole SA (France) serait la banque française affectée du manque de capitaux le plus criant, avec un déficit de 87,2 milliards d’euros, suivie de la banque allemande Deutsche Bank AG (déficit de 86,8 milliards d’euros), et de la banque anglaise Barclays Bank PLC (déficit de 73,9 milliards d’euros). Les autres banques françaises présentes dans cette liste de 12 établissements sont BNP Paribas (4ème position – déficit de 71,1 milliards d’euros) et la Société Générale (6èmeposition – déficit de 52,0 milliards d’euros). Dexia arrive en 12ème position avec un déficit de 22,4 milliards d’euros.

Une étude de Goldman Sachs parvient à peu près à cette même conclusion de la sous-capitalisation des banques françaises avec un angle d’étude différent : elle s’est intéressée à l’effet de levier pratiqué par les banques européennes. Elle conclut que si l’on considère l’effet de levier que la banque pratique par rapport à ses capitaux permanents calculés d’après les règles de Bâle III, Natixis (France) est la banque qui pratique l’effet de levier le plus élevé, en prêtant un encours 46 fois supérieur au montant de ces capitaux, suivie de près par le Crédit Agricole à peu près avec le même coefficient (tableau).

Cette vulnérabilité des banques européennes s’explique par la forte concentration du secteur bancaire européen, précise Herlin, qui rappelle que le total de bilan de BNP Paribas est équivalent au PNB de la France. « Nous avons ainsi trois mastodontes que l’Etat est condamné à aider quoi qu’il arrive : les banques françaises ont parfaitement théorisé et appliqué le “too big to fail” ! », écrit-il.

Une telle crise pourrait-elle se produire ? Oui, répond Herlin, qui explique que les politiques monétaires accommodantes des Etats-Unis, du Japon, et de l’Europe, on créé des distorsions dans les indices boursiers qui sont anormalement élevés. « La question n’est même pas de savoir si une telle chute des cours peut arriver mais quand. A ce moment-là le risque systémique ne sera plus un objet d’étude mais une réalité très concrète », dit-il.

« Un conseil à nos lecteurs français », écrit Zero Hedge. « Si la volatilité actuelle des obligations se poursuit, vous pourriez souhaiter ne pas voir ce qui se passera. Crédit Agricole et Natixis pourraient être les deux premières banques que le président socialiste français serait fièrement forcé de nationaliser pour éviter un effondrement du secteur bancaire français ».

Source: express.be

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