Une chape de plomb recouvre la visite officielle du président islandais en France

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Morosité persistante dans la zone euro, embellie confirmée de l’Islande ont eu raison de l’arrogance de nos élites. L’Islande, premier pays européen touché par la crise en 2008, a retrouvé le chemin de la prospérité : croissance de 2,5% du PIB, un chômage de 5%, excédents du commerce extérieur et des comptes publics. Les choix de politique économique de ce petit pays se retrouvent projetés sous la lumière de l’oligarchie. Dans les hautes sphères des centres de décision, les masques tombent, les certitudes se lézardent, les dogmes s’effondrent.

Agoravox via E&R

La dernière visite d’une délégation officielle de l’Islande remonte à 1983. Qui serait assez crédule pour croire que le calendrier retenu pour la fin février 2013 est une pure coïncidence ? À l’aune d’une zone euro enlisée dans une crise profonde, voyons un peu ce que peut ressentir l’ oligarchie aux affaires en France notamment, en apprenant que l’île vient de réaliser deux années consécutives de croissance positive supérieures à 2 % du PIB quand ce même PIB était en recul de 6,6 % en 2009 ; que le déficit budgétaire annuel de cet État providence est maintenant résorbé quand il était de 13.5 % en 2008 ; que le chômage approche les 5 % de la population active quand il était monté à 8 % en 2010 ; qu’il faut se faire à l’idée que le pays a gagné son bras de fer juridique contre la technocratie de Bruxelles et la finance internationale ; que le prêt de 2,1 milliards d’euros du FMI fut remboursé dans les meilleurs délais ; qu’en dévaluant brièvement la couronne jusqu’à 70 %, le pays a pu réinvestir dans l’économie nationale et créer un cercle vertueux pour la relance des investissements [1].

Et puis les pouvoirs publics islandais ne se sont pas contentés de faire un pied de nez aux banques en faillite. L’Islande prend des mesures hétérodoxes efficaces pour les particuliers et les entreprises qu’il conviendrait de faire connaître au plus grand monde. N’en déplaise aux financiers, pour sauver les ménages surendettés, l’État incite les banques à écrêter leurs créances. Au-delà de 110 % de la valeur du logement, la dette est effacée. Pour sauver les PME, entreprises créatrices d’emplois locaux, rappelons-le, l’État agit de même [2].
Voilà de quoi titiller les biens pensants les plus dogmatiques, n’est-ce pas ?

Dès lors, on comprend mieux pourquoi l’Islande n’est pas pressée d’entrer dans l’Union Européenne, et encore moins d’adopter la monnaie unique. « En quarante ans, nous sommes passés d’un pays en développement à l’un des plus prospères d’Europe avec notre petite monnaie indépendante », argumente l’eurosceptique président [3].

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