Mezri Haddad sur la Tunisie, le Qatar, Israël, l’Algérie…

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L’ALGERIE ENTRE LA CONVOITISE DES UNS, LES VISEES ET LA REVANCHE DES AUTRES : A l’ombre des «printemps arabes»

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Par Djerrad Amar, Reflexiondz

Que de la propagande, subversion et mensonges contre cette Algérie qui devrait rester sous tutelle de prédateurs ou, au mieux, dirigée par des pantins. Qui peut mieux servir qu’un des siens félon? Combien d’entre eux, par frustration ou revanche, ont choisi l’exil pour fustiger leur pays ou se mettre au service de forces hostiles ; sous l’étiquette d’«opposant ». L’un d’eux, à l’étranger, a poussé la débilité jusqu’à dire «…heureusement, que le peuple algérien, grâce aux opposants, sait pertinemment, que les dirigeants actuels de ce régime dictatorial ne sont pas algériens!» Rien que ça !

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Ces serviteurs se croient les plus clairvoyants en s’échinant à nous mentir, depuis «l’extérieur», sur des choses que nous vivons ici. Ayant connu, pour la plupart, le pouvoir – qui les a évincés, souvent pour de bonnes raisons – ils s’autorisent à nous dicter, avec dédain, ce que nous devons retenir et faire.
Comprenez : ‘‘révoltez-vous !’’ et ce, pendant qu’eux, avec leurs rejetons, font des affaires!
La revanche transparait dans leurs écrits qui s’observent plus comme du dénigrement, louvoiement et propos méprisants que comme des analyses objectives. Tous restent égaux à eux-mêmes à claironner les thèses de leurs maîtres. Leur objectif reste cette Armée et ses cadres, qu’ils mettent au pinacle des maux, qui a fait échouer leurs espoirs de revanche pour ne pas avoir obtenu ou gardé la parcelle de pouvoir espérée. En fait, ils ne cherchent, au juste, qu’à remplacer ce pouvoir en se faisant aider par des États connus pour leur passé immoral et leur présent dévastateur ou des États riches bien loin des valeurs qu’ils prétendent défendre. La réalité, contrairement à leur matraquage, est que l’on se sent beaucoup mieux et en sécurité que nous l’avions été durant la «décennie noire» faite de feu et de sang où beaucoup, de nos «amis» étrangers, incitaient plutôt au désordre. On ne sent pas la répression qui nous pousserait à fuir ou à nous révolter.

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Michel Collon : “L’Algérie est clairement la suivante sur la liste”

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Par Michel Collon, La Nouvelle République via E&R

La Nouvelle République : Vous avez travaillé sur l’intervention militaire en Libye et ses répercussions stratégiques sur la région du Sahel, quelle est votre approche sur la situation au Nord-Mali et son impact régional et international ?

Michel Collon : Je pense que l’intervention de la France contre le Mali, c’est la continuation de la guerre contre la Libye et contre la Syrie. C’est une nouvelle phase dans ce que j’appellerais la recolonisation ou le fait de stabiliser la colonisation de l’Afrique en général, l’Afrique du Nord et l’Afrique de l’Ouest. Je pense que la chose qui n’est jamais traitée dans les médias européens et des Etats-Unis, c’est que le Mali et toute la région est pour la France, je veux dire la France officielle, la France des 1%, une zone de richesses naturelles que les multinationales françaises considèrent leur appartenir et pas aux populations locales.

L’exploitation des mines d’or par des groupes français comme Bouygues, dans des conditions scandaleuses avec de nombreux mineurs qui meurent à cause de l’utilisation du cyanure et de l’arsenic sans prévention et sans soins corrects, est la preuve que ces multinationales sont prêtes à écraser des êtres humains pour maintenir ou augmenter leur profit. Au Mali, on trouve également des gisements d’uranium ; c’est une richesse stratégique pour la multinationale française Areva, numéro un dans l’exportation du nucléaire au niveau mondial et la France a toujours fait en sorte de s’assurer le contrôle des gisements d’uranium et pour cela, elle a commis les pires crimes.

Et, donc, quand on veut voir comment la France considère les richesses naturelles, il suffit de voir l’exemple du Niger, c’est le pays n°174 sur la liste du développement humain, c’est-à-dire le dernier pays, le plus pauvre, les Nigériens ont une espérance de vie de 49 ans et moins de trois enfants sur dix vont à l’école. Et lorsqu’on a demandé à la multinationale Areva de faire un geste pour ces enfants, elle a répondu que ce n’était pas son problème, donc les Nigériens peuvent crever de faim, littéralement, et les Maliens aussi, pendant que des firmes comme Areva et celles qui travaillent avec elle, c’est-à-dire Suez, Bouygues, Alstom, construisent des profits fabuleux et que leurs actionnaires et leurs principaux dirigeants se construisent des châteaux un peu partout dans le monde.

Donc on a l’or, l’uranium, on a bien entendu le gaz et le pétrole, avec des richesses très importantes en Algérie et aussi dans d’autres pays de la région, et on constate qu’il y a une guerre pour les matières premières qui se mène, avec comme acteurs principaux, la France, les Etats-Unis, mais aussi le Qatar qui jour un rôle trouble en coulisses et qui veut devenir le n°1 mondial du gaz en alliance avec les Etats-Unis et contre la Russie, et donc je pense que cette guerre au Mali, c’est une guerre contre les patriotes maliens qui ont essayé de mettre fin à la corruption et de faire en sorte que les richesses naturelles du Mali profitent aux Maliens et permettent de mettre fin à la pauvreté. C’est une guerre contre le Niger, dont l’uranium est absolument stratégique.

C’est une guerre contre l’Algérie, parce que ce pays a lui aussi des ressources naturelles très importantes comme chacun sait. Il n’entend pas les offrir aux multinationales françaises et autres, donc c’est un pays qui conserve un secteur public important. C’est un pays qui résiste à Israël, qui a refusé de s’intégrer dans l’Otan et dans Africom, l’organisation militaire des Etats-Unis pour le contrôle des richesses de l’Afrique. Ses dirigeants militaires ont très clairement expliqué que le but d’Africom, donc le but des interventions militaires que les Etats-Unis préparent dans toute l’Afrique, c’est d’empêcher que l’Afrique ne soit indépendante et n’aie des partenaires comme la Chine, le Brésil, la Russie et d’autres pays.

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Guerre au Mali : les rafales français n’ont jamais survolé l’Algérie

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JeuneAfrique.com via E&R

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a remercié, lundi 13 janvier, l’Algérie pour l’ouverture de son espace aérien aux rafales français. Or, les avions de guerre français à destination du Mali ont survolé le Maroc et non l’Algérie.

Les avions de chasse français sont passés au-dessus du Maroc et non de l’Algérie pour aller bombarder les sites djihadistes au Nord-Mali, rapporte le journal en ligne Jeune Afrique.

Lors de sa visite au siège du Commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA), le 15 janvier, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, prend connaissance des éléments d’opération de raids aériens.

Sur l’écran qui lui est présenté, on découvre le plan de vol emprunté par les pilotes français : de Saint-Dizier, en France, jusqu’à Ndjamena, au Tchad. La durée du vol est de 9 heures 35 avec cinq points de ravitaillements. Sauf que sur le plan, il apparaît très clairement que les chasseurs-bombardiers survolent le Maroc.

Pourquoi avoir laisser planer le doute ?

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Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères, avait pourtant remercié, le 13 janvier, le gouvernement algérien pour sa coopération en acceptant d’ouvrir « sans limites » son espace aérien aux rafales français.

Une annonce remplie de subtilité, car en réalité le chef de la diplomatie française a remercié sans confirmer le survol de l’Algérie des bombardiers français. Pourquoi Laurent Fabius remercie-t-il l’Algérie pour une chose qui au final ne servira pas à la France ?
Pourquoi taire la participation du Maroc ?

En Algérie, Mourad Medelci ne confirme pas les déclarations faites par son homologue français. Rappelons que la République algérienne était rigoureusement opposée à toute intervention militaire au Mali. Depuis le début de la crise, le président Abdelaziz Bouteflika prône le dialogue.

Trois jours plus tard, 32 djihadistes prennent d’assaut le site gazier de Tiguentourine à In Amenas, au sud-est de l’Algérie. Les terroristes ont affirmé agir en représailles à la guerre déclarée par la France au Nord-Mali.

Résultat de la prise d’otages : 37 travailleurs étrangers et 29 terroristes tués. Là aussi, une question taraude de nombreux esprits : comment les assaillants ont-ils réussi à pénétrer aussi facilement dans un complexe gazier classé sous haute surveillance.
Une opération de cette envergure requiert plus de trois jours de préparation.

Laurent Fabius avait prévenu, « les terroristes maintenant lourdement armés, un jour ils peuvent s’en prendre au Mali ou à l’Europe, mais un jour ils peuvent aussi s’en prendre à l’Algérie. (sic) »

Voilà désormais chose faite.

Mali : une guerre peut en cacher une autre

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Par Thierry MEYSSAN via E&R

Préparée de longue date et annoncée par François Hollande six mois à l’avance, l’intervention française au Mali a été présentée comme une décision prise en urgence en réponse à des développements dramatiques. Cette mise en scène ne vise pas seulement à s’emparer de l’or et de l’uranium maliens, elle ouvre surtout la voie à une déstabilisation de l’Algérie.

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Depuis Nicolas Sarkozy avec Laurent Gbagbo, Mouammar el-Kadhafi et Bachar el-Assad, la diplomatie française pratique le baiser de Judas. Ici le président François Hollande venu à Alger embrasser son homologue Abdelaziz Bouteflika, le 19 décembre 2012. Trois semaines plus tard, il allumera la guerre au Mali pour enflammer l’Algérie.

« L’appétit vient en mangeant », dit le proverbe. Après avoir recolonisé la Côte d’Ivoire et la Libye, puis tenté de s’emparer de la Syrie, la France lorgne à nouveau sur le Mali pour prendre l’Algérie à revers.

Durant l’attaque de la Libye, les Français et les Britanniques ont fait un large usage des islamistes pour combattre le pouvoir de Tripoli, les séparatistes de Cyrénaïque n’étant pas intéressés à renverser Mouammar el-Kadhafi une fois Benghazi indépendante. À la chute de la Jamahiriya, j’ai personnellement été témoin de la réception des dirigeants d’AQMI par des membres du Conseil national de transition à l’hôtel Corinthia, qui venait d’être sécurisé par un groupe britannique spécialisé venu exprès d’Irak. Il était évident que la prochaine cible du colonialisme occidental serait l’Algérie et qu’AQMI y jouerait un rôle, mais je ne voyais pas quel conflit pourrait être utilisé pour justifier une ingérence internationale.

Paris a imaginé un scénario dans lequel la guerre pénètre en Algérie par le Mali.

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Crise du Mali, réalités géopolitiques (première partie)

Par Aymeric Chauprade, realpolitik.tv via E&R

L’intervention du Mali, comme toutes les interventions occidentales depuis la fin de la Guerre froide (de l’Irak jusqu’à la Libye en passant par l’ingérence en Syrie) ne saurait être analysée de manière angélique, sous prétexte qu’elle serait une opération française. Inversement, elle ne saurait être assimilée à toutes les autres opérations parce qu’elle admet en effet ses propres déterminants.

La guerre au Mali est la confrontation d’une multiplicité d’acteurs :

• l’État central malien (Bamako)
les Touaregs indépendantistes de l’Azawad
• les groupes jihadistes
l’État français et sa compagnie pétrolière Total (qui est certes une multinationale sur le plan capitalistique mais dont l’action politique reste coordonnée à celle de la France),
• l’État algérien avec d’une part son État profond (le puissant DRS, la sécurité militaire, coeur du régime) d’autre part sa société pétrolière étatique Sonatrach
• les États-Unis d’Amérique et leur État profond (composé d’éléments de la CIA, du Pentagone, de l’armée)
• l’État qatarien et ses intérêts pétroliers et gaziers
• deux États voisins, la Mauritanie et la Libye qui ont toujours joué un rôle crucial dans la question touareg.

Ce sont là les principaux protagonistes de l’affaire malienne. Au second plan, d’autres acteurs chargés d’apporter aux acteurs de premier plan une légitimité en terme de droit international : les autres États africains (la CEDEAO), l’Union européenne…

Voyons les intérêts et les motivations des premiers rôles qui s’affrontent sur la scène malienne, et pas forcément de manière visible.

Cette analyse étant longue, j’ai décidé de la découper en deux parties. La première partie tentera d’y voir clair sur les motivations de l’État malien, des Touaregs indépendantistes et des groupes islamistes.

La seconde partie abordera la question complexe des enjeux pétroliers et gaziers dans la zone (avec notamment les intérêts pétroliers français, qataris et algériens).

Nous pourrons alors proposer une lecture de la crise qui s’articulera autour d’un bras de fer entre Paris, Alger et Doha pour l’essentiel, avec bien entendu aussi les États-Unis en « embuscade » et qui montrera, une fois de plus, que le terrorisme islamiste est largement instrumentalisé pour consolider ou restaurer les intérêts des principaux acteurs.

1) L’État malien

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Afin de présenter l’État malien dans ses caractéristiques géopolitiques je m’appuie sur l’article « Mali » du Dictionnaire de géopolitique (Chauprade/ Thual) lequel date de 1999 dans sa deuxième édition. L’exercice consistant à revenir à ses anciens textes est peu pratiqué en France, et pour cause : s’il l’était, il abîmerait fortement la légitimité de la quasi-totalité de nos commentateurs médiatiques, surtout Olivier Roy, le génial visionnaire de la « fin de l’islam politique » (titre de son essai de 1992) lequel fanfaronnait encore sur les plateaux au début des printemps arabes, en 2011, en expliquant que sa thèse de la disparition de l’islamisme était la bonne et que la masse arabe ne rêvait que de démocratie occidentale… Cela fait penser à Francis Fukuyama s’excusant que la Fin de l’Histoire soit autant retardée depuis 1990 et nous demandant de patienter encore un peu (pour avoir raison)…

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François Hollande a “éviter d’énerver” le président Abdelaziz Bouteflika

 
Le journal français “Le Canard Enchaîné” révèle ce mercredi que François Hollande a “éviter d’énerver” le président Abdelaziz Bouteflika lors de son discours prononcé le 20 décembre dernier devant les parlementaires algériens en trappant une petite partie de son allocution. 

A en croire le même journal, le président français avait reconnu la veille en réponse à une question d’une journaliste algérienne l’existence de divergences entre Alger et Paris sur le dossier syrien en affirmant qu’”il y a une différence, et je la respecte, mais nous nous avons considéré qu’il fallait, dès lors que nous souhaitions une transition, qu’il y ait bien un interlocuteur légitime qui représente la Syrie demain, c’est le choix que nous avons fait”. 

Le lendemain lors du discours de François Hollande les deux phrases suivantes : “nous avons participé (avec les Algériens) à la réunion récente des Amis du peuple syrien” et “notre solidarité est essentielle à cet instant critique où le régime de Bachar El Assad fait la guerre à son propre peuple, et où nous devons aider les Syriens à trouver la voie de la liberté” sont effacées, toujours selon le “Le Canard Enchaîné” pour qui, l’évocation de la crise syrienne figurait dans la version écrite distribuée aux journalistes pendant qu’il était à la tribune. Alors que “le président français a fait l’impasse sur ce dossier à propos duquel les avis de la France et de l’Algérie divergent”. 

A l’origine de ce changement de dernière minute dans le discours du président français, selon le même hebdomadaire, “un tête à tête quelques heures avant le discours de François Hollande, Abdelaziz Bouteflika a glissé une remarque au président français”. Bouteflika aurait relevé que le positionnement de la France en Syrie “n’est pas cohérent avec celui au Nord-Mali”. 

Selon le Canard Enchaîné, c’est ce “message” qui aurait fait changer d’avis François Hollande évitant ainsi d’évoquer le dossier syrien dans son discours devant les parlementaires algériens.

Dommages Collatéraux : la face cachée d’un terrorisme d’État

Par Guillaume de Rouville

La démocratie ambiguë – de Guillaume de Rouville

Lors des guerres menées par les États-Unis depuis la chute du mur de Berlin au nom d’une certaine idée de leur puissance, est apparue une notion, celle de « dommages collatéraux », qui a été utilisée par les organes des relations publiques du Pentagone pour justifier et faire accepter aux opinions occidentales des actes de guerre provocant des victimes civiles. Ces dommages collatéraux ne seraient pas souhaités par la puissance militaire qui déplore ces tragiques erreurs, fruits de renseignements erronés ou d’une technologie défaillante.

Or, a y regarder de plus près, on s’aperçoit que la plupart de ces actes de guerre ayant détruit la vie de milliers de civils en Afghanistan, en Irak, en Libye ces dernières années [1], ne sont pas des erreurs, des dommages collatéraux d’une entreprise militaire qui ne prendrait pour cible que des soldats en uniforme appartenant à la partie adverse, mais bien des actes délibérés visant à tuer des femmes, des enfants et des hommes sans défense.

On pourrait se demander dans quels buts de telles horreurs seraient entreprises. La doctrine militaire répond : pour imposer la terreur source de toute obéissance. Continue reading