Le Sénat vote la fin du CDI !

Le 14 mai 2013,  la loi sur « la sécurisation de l’emploi » a été votée au Sénat.

Pendant que les socialistes agitaient dans une main le chiffon arc-en-ciel avec le mariage homosexuel, dans l’autre on a jeté au broyeur le CDI. Magnifique détournement.

En effet, la loi enterrant le CDI a été adopté par 169 voix contre 33. Ce qui veut dire qu’il a eu un large consensus UMP-PS. L’UMP préférant son cirque en manifestant contre la loi Taubira, a participé a ce qu’on pourrait appeler « un crime social » en s’abstenant 1.

Le CDI ou Contrat à Durée Indéterminée, préservait des licenciements sauf en cas de « cause sérieuse et réelle ». Maintenant, le patron pourra virer l’employé pour avoir refusé de changer de poste, pour avoir refusé de changer de lieu de travail, y compris de l’autre coté de l’Hexagone… Ou simplement s’il vous juge « incompétent » ! 2

Le CDI prévoyait l’impossibilité de baisser votre rémunération sans votre accord. 
Grâce à notre Sénat, refuser une baisse de salaire (jusqu’au SMIC) devient un motif valable pour vous faire pointer à Pôle emploi (article 18 de l’accord national interprofessionnel – ANI).
 Les syndicats qui ont trahi les travailleurs en votant l’ANI sont la CFDT, CFE-CGC, et la CFTC. Seul la CGT et FO ont refusé 3.

De voir que c’est un gouvernement dit « de gauche » qui applique les mesures « les plus droitières » preuve que le clivage gauche/droite est une fumisterie, c’est en faite qu’un seul parti l’UMPS, bonnet blanc, blanc bonnet.

C’est cette même majorité « socialiste » qui avait voté le mois précédent à l’assemblée, la mesure sur la « flexibilité » où il est prévu  : qu’en cas de « graves difficultés conjoncturelles », les entreprises pourront imposer à tous les salariés une baisse momentanée des salaires (dans la limite du montant horaire du smic) et une modulation de la durée du travail (baisse ou hausse) pendant une durée de deux ans au maximum. En cas de refus, les salariés seront licenciés pour motif économique. En contrepartie, l’entreprise devra s’engager à maintenir tous les emplois le temps de l’accord 4. Voilà ce qui s’appel une avancée sociale.

Mais cette fin du CDI a déjà été avancée et préparée bien avant l’élection de François Hollande, par son ennemi la finance.

Nicolas Doisy, le Chief Economist du Crédit Agricole de Chevreux l’explique parfaitement dans cette vidéo « Le plan de bataille des financiers ». La réforme du marché du travail, la pression de l’Europe, les promesses non-tenues, …tout était sur les rails avant les élections.  Preuve encore de la mascarade démocratique. Une guignolerie qui n’a trop durée.

« Le changement, c’est je t’en mets une dans la gueule, l’autre dans le fion »

Dieudonné, maître quenellieren parlant du slogan de François Hollande

Le plan de bataille des financiers : 

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Vers la fin du CDI ? ACCORD SYNDICAT-PATRONAT

“Accord national interprofessionnel” : patronat et syndicats s’entendent

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entreprises.ouest-france.fr via E&R

Au terme d’une journée marathon et de trois mois de négociations, syndicats et patronats ont arraché vendredi un accord sur la sécurisation de l’emploi, salué par François Hollande comme « un succès du dialogue social ».

« Cet accord se traduira par de nouvelles avancées pour les salariés », a estimé le chef de l’Etat. Il a demandé au gouvernement de préparer « sans délais » un projet de loi « afin de transcrire fidèlement » le texte, qui doit encore recevoir l’approbation formelle des organisations dans les prochains jours. […]

Ce projet de loi sera présenté en Conseil des ministres le 6 ou le 13 mars, puis examiné en urgence par le Parlement en vue d’une promulgation fin mai.

Destiné à offrir plus de souplesse aux entreprises et davantage de protection aux salariés, cet accord « marque l’avènement d’une culture du compromis après des décennies d’une philosophie de l’antagonisme social », s’est félicitée Laurence Parisot, présidente du Medef. […]

« C’est un jour sombre pour les droits des salariés », a estimé Stéphane Lardy (FO) dénonçant un texte qui « renforce la précarité » et une négociation qui a « loupé sa cible ». […]

Côté flexibilité, figurent notamment l’encadrement des accords permettant de baisser salaires et/ou temps de travail en cas de difficulté, des mesures pour faciliter et « déjudiciariser » les licenciements et la possibilité de restructurer sans plan social via une mobilité obligatoire. […]

La France, scrutée par les agences de notation et Bruxelles, est l’un des derniers pays en Europe à engager une telle réforme. […]

Cet accord intervient cinq ans jour pour jour après celui sur la modernisation du marché du travail, à l’origine de la rupture conventionnelle, qui a mis fin depuis à plus d’un million de CDI.

Lire le reste de l’article sur entreprises.ouest-france.fr

Lire le texte de l’Accord national interprofessionnel du 11 janvier 2013 (pdf).

Rappel: