France : les déficits publics deviennent hors de contrôle

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Par Philippe Herlin – Chercheur en finance / Contributeur pour Goldbroker.com

La France est en train de perdre pied, elle vient de basculer de l’autre côté de la courbe de Laffer : les augmentations d’impôts non seulement ne rapportent rien, mais on constate même une baisse des rentrées fiscales.

L’économiste américain Arthur Laffer (né en 1940) est devenu célèbre pour avoir modélisé ce phénomène : lorsque les impôts et les taxes sont déjà élevés, leur augmentation conduit à une baisse des recettes fiscales parce que les agents économiques surtaxés sont incités à moins travailler (ou à augmenter leur recours au travail au noir). Illustration concrète, les 30 milliards de taxes et impôts votées par le gouvernement de François Hollande n’ont servi à rien, on n’en voit pas trace ! Si l’impôt sur le revenu progresse un peu, les recettes de TVA baissent, de même les taxes sur l’essence et l’impôt sur les sociétés. Au final les recettes fiscales s’affichent en retrait par rapport à l’année précédente.

Le pire c’est que le ministère des finances ne s’explique pas cette déconvenue car selon ses calculs la stagnation de l’économie ne suffit pas à expliquer cette baisse des rentrées fiscales : sur les quatre premiers mois de 2013, les recettes de TVA reculent de 2,3% par rapport à la même période de l’année dernière alors que, selon lui, la consommation a stagné. On en déduira plutôt que les modèles économiques utilisés ne sont pas au point et que la récession s’avère plus forte que prévue.
La consommation, le dernier moteur de l’économie française (largement alimenté par la dette publique), recule certainement plus que ne le mesurent les statistiques officielles.

Ces chiffres sont inquiétants. Rappelons-nous que lors du déclenchement de la crise de la dette en Grèce chacun moquait l’inefficacité des services fiscaux grecs, “ce n’est pas en France qu’on verrait ça !” entendait-on et, effectivement, le fisc français est réputé pour sa capacité à lever l’impôt, et cela constitue l’un des points forts du pays pour les investisseurs internationaux. Cet atout vient de tomber.

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Sarkozy champion incontesté de la dette // Et incidence de la Loi “Pompidou Giscard” de 1973

Discours convenu : la droite est rigoureuse, la gauche dépensière…A y regarder de plus près…

Il suffit d’un graphique, d’un tableau et d’un court rapport de la Cour des Comptes pour montrer et expliquer aux Français :

  • Que la dette a baissé sous le gouvernement Jospin : en 1997 elle était de 59,5 % du PIB et en 2002 de 59,1 % du PIB
  • Que la dette a augmenté, depuis 2002, de 248 Mds d’euros sous Chirac et d’environ 500 Mds d’euros sous Sarkozy (à fin 2011)
  • Que Sarkozy et Fillon mentent effrontément aux Français sur les causes de la dette

Le graphique est téléchargeable sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Dette_publique_france_%25_du_PIB.png

Le tableau est au chapitre « Evolutions récentes » sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Dette_publique_de_la_France

Le rapport est téléchargeable sur http://www.performance-publique.budget.gouv.fr/fileadmin/medias/documents/ressources/PLF2012/RPO2012.pdf

Sarkozy et Fillon nous répètent « La gauche est la championne des déficits et a fait augmenter notre dette publique ». C’est FAUX !

Sous le gouvernement Jospin/Aubry la dette a même baissé légèrement : en 1997 elle était de 59,5 % du PIB et en 2002 de 59,1 % du PIB. La preuve sur le graphique http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Dette_publique_france_%25_du_PIB.png et sur le tableau

Sarkozy et Fillon nous répètent « C’est la crise financière, dont nous sommes en rien responsables, qui a fait exploser la dette ». C’est FAUX !

Le tableau du chapitre « Evolutions récentes » sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Dette_publique_de_la_France montre que la dette était de 55,5 % du PIB en 1995 (arrivée de Chirac à la présidence), de 64,2 % en 2007 (arrivée de Sarkozy à la présidence) et de 82,3 % du PIB en 2010. Le tableau permet, par simples soustractions sur les chiffres de la colonne « Dette publique en milliards d’euros », de voir que la dette a augmenté de 248 Mds sous Chirac, alors que la crise n’avait pas commencé. Et que la dette a encore augmenté de 380 Mds en seulement 3 ans ½ sous Sarkozy le donneur de leçons !

Ne vous privez pas de montrer ce graphique et ce tableau à vos amis, parents,enfants et collègues de travail … Et de mettre des liens sur vos blogs et comptes Facebook ou Twitter.

Sarkozy et Fillon nous répètent « Les dépenses et les prélèvements obligatoires sont trop élevés. Il n’y a pas d’autres solutions que de réduire nos dépenses ». C’est FAUX !

Le taux de prélèvements obligatoires des administrations publiques, incluant la Sécurité sociale santé et retraites, était autour de 42% du PIB sur la période 1984 – 1992 et il est redescendu à 42% en 2009, après quelques années autour de 44%. C’est le Conseil des Prélèvements Obligatoires, organisme appartenant à la Cour des Comptes, qui en apporte la preuve. Voir le graphique à la page 14/60 du rapport 2012 « Évolution du taux de prélèvements obligatoires des administrations publiques (en % de PIB) » … téléchargeable sur http://www.performance-publique.budget.gouv.fr/fileadmin/medias/documents/ressources/PLF2012/RPO2012.pdf

Conclusions

Quand est-ce que François Hollande, l’habile capitaine de pédalo, suivant le « trop bon mot » de Jean-Luc Mélenchon, montrera ce graphique à une heure de grande écoute, sur TF1 et A2 ?

Craint-il qu’on lui coupe l’antenne, suivant l’adage « On ne peut pas dire la vérité à la télé : il y a trop de monde qui regarde ». L’adage est de Coluche qui lui savait parfois dire l’essentiel en une phrase.

Quand est-ce que François Hollande expliquera aux Français, en seulement 4 phrases, les deux causes principales de la dette publique ? A savoir :

  • plus de 100 milliards d’euros par an, de recettes en moins pour l’Etat, suite aux baisses d’impôts et aux exonérations sociales et fiscales intervenues depuis 2002
  • l’interdiction pour l’Etat d’emprunter directement à la Banque de France, suite à la loi dite « Pompidou, Giscard » de 1973
  • La somme des seuls intérêts de la dette payée par l’Etat depuis 1973, donc par les contribuables, est du même ordre de grandeur que la dette cumulée d’aujourd’hui (environ 1 700 Mds d’euros). Ceci signifie que si l’Etat avait eu le droit d’emprunter à la Banque de France à un taux d’intérêt faible (zéro ou 0,5%), la dette publique serait pratiquement nulle aujourd’hui.

Le commandant du Titanic (Nicolas Sarkozy) tente d’enfumer les Français en se présentant après chaque G20 comme le sauveur de la France, de l’euro, de l’Europe et du monde. Mais il n’a aucune chance d’enfumer les agences de notation et leurs requins de clients qui sont tout sauf des naïfs mal informés.

S’il était responsable et soucieux de sortir la tête haute, quel que soit le résultat à la présidentielle en 2012, Nicolas Sarkozy tenterait au moins, dans les 4 mois qui lui restent, d’éviter le naufrage. La seule solution – et la seule chance de conserver la note triple A de la France – consisterait à supprimer toutes les niches fiscales et exonérations de cotisations sociales ( heures supplémentaires etc …) créées sous Chirac et Sarkozy, plus la niche Copé de 2004 (voirhttp://www.liberation.fr/economie/0…).

André Martin – animateur du site http://www.retraites-enjeux-debats.org/

Source: Le Post

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