Vatican II pour les nuls

Par: Antoine S.

Le 11 octobre 1962 s’ouvre le concile Vatican II. Ce grand bouleversement vient achever le ralliement à la modernité initié par Léon XIII, comme l’a très bien démontré Philippe Prévost [1]. Cette modernisation de l’Église imposait de revenir sur le dualisme fondateur du catholicisme : nature/surnature ou monde/Dieu. En annihilant cette distinction, le concile a fait des hommes des dieux.

Ce propos est déjà lourd de sens. La société marchande produit, pour fonctionner, des narcisses contemporains, de petits individus à la recherche permanente de la satisfaction immédiate de leurs désirs. Tuer Dieu, ou le père assimilé au surmoi dans la psychanalyse freudienne, revient à autoriser ses créatures à jouir sans entrave.

Le pape Jean XXIII, l’initiateur du concile, avait bien préparé son coup avec un système de listes qui bénéficiait amplement au clergé européen, réputé plus libéral. La première exigence était la suppression du latin comme langue exclusive de la liturgie. Il en ressort une conséquence assez importante, à savoir la fin du contrôle du Vatican sur les différentes conférences épiscopales.

En effet, il est pratiquement impossible de vérifier si les divers pays du monde ont des messes conformes aux principes conciliaires. Le latin était la langue unitaire de l’Église, la langue liturgique depuis presque deux siècles, la langue qui donnait tout son sens au terme grec « catholicos » signifiant universel.

À la mort de Jean XXIII, Paul VI, élément modérément libéral, fut désigné souverain pontife. Une deuxième question fut alors posée. Le pape a-t-il une autorité supérieure, égale ou inférieure au collège épiscopal chargé de le désigner ? Pour les traditionalistes, son autorité est évidemment supérieure. Les modérés comme Paul VI la jugent équivalente. D’après les libéraux, le pape « était tenu en conscience de prendre l’avis du collège épiscopal avant de se prononcer, car, représentant le collège, il devait nécessairement exprimer sa pensée ».

Un texte fut adopté mais tous les amendements écartés. Ces derniers s’inquiétaient du risque d’interprétation très libérale de la nouvelle norme. Au crépuscule de leur gloire, les évêques libéraux commirent alors une erreur. Un des leurs, sûr de la victoire finale, expliqua comment les éléments litigieux du texte seraient interprétés après le concile. Devant cette trahison de la minorité libérale, « Paul VI s’effondra et pleura ». Il fit alors publier une note explicative conforme à l’enseignement traditionnel de l’Église. Continue reading

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Lettre ouverte d’un prêtre arabe de Syrie à Sa Sainteté le Pape Benoît XVI

 

Sainteté, Mon Père,

Depuis quelques jours, je me sens comme poussé par l’idée de vous écrire, pour vous parler de fils à père.

Ce n’est pas la première fois que je vous écris, bien que mes quatre lettres précédentes soient restées sans réponse, tant celles que je vous ai adressées par l’entremise de la Nonciature Apostolique à Damas, que celles publiées sous forme de lettre ouverte.

Si vous désirez savoir ce qui me pousse à vous écrire, je vous dirai en toute franchise que je n’écris pas dans l’espoir d’obtenir une réponse ou une prise de position. En fait, il s’agit pour moi de répondre à un appel intérieur que j’ai ressenti, pendant que je célébrais la Divine Liturgie, il y a quelques jours, en l’église Notre-Dame de Damas, où je suis en service depuis 1977. En effet, tandis que je lisais l’Évangile, les paroles de Jésus, aussi belles que décisives, sur les fauteurs de scandale à l’égard d’un seul enfant, me firent l’effet d’un choc terrible. Il s’agit du commencement du chapitre (18) de St. Mathieu. On y lit :

« En ce moment, les disciples s’approchèrent de Jésus, et dirent : Qui donc est le plus grand dans le royaume des cieux ? Jésus ayant appelé un petit enfant, le plaça au milieu d’eux, et dit : Je vous le dis en vérité, si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux. Continue reading

Un prêtre syrien écrit à Hollande

Père Elias Zahlaoui

« Je nourrissais le vague espoir de voir définitivement tournée, la politique de cirque de votre burlesque prédécesseur. À vous écouter, je me suis rapidement surpris à m’interroger sur le bienfondé de mon attente. Il m’a fallu vite déchanter. Je restais ébahi devant votre visage bon enfant, pendant que vous vous permettiez de prononcer des jugements péremptoires, sur tout et sur tous, sans la moindre nuance, ni hésitation.

Mais quand je vous ai entendu parler de la Syrie et de son président, j’ai bien cru entendre la voix même des Maîtres qui vous ont juché sur ce premier poste de France, dans l’unique but de mener à bien le projet de destruction de la Syrie, que votre prédécesseur a été incapable de conduire jusqu’au bout.

Pour une première à la Télévision, c’en était bien une ! Je vous attends de pied ferme, lors des tout proches désenchantements des français. Pour ma part, vieux connaisseur de la France et des français, je me suis surpris à me dire : quelle dégringolade, depuis le départ du Général de Gaulle !

Mr le Président, Avant de poursuivre, il est une coïncidence historique que je me dois de vous signaler, et que vous ignoriez sans aucun doute. Sinon vous auriez évité de vous laisser interviewer, un 29 Mai ! En effet, il est un autre 29 Mai, au cours duquel la France s’est misérablement déshonorée. Continue reading