Fichiers de la banque HSBC : les preuves de la manipulation

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Le rapport des autorités suisses est formel : les fichiers ont été falsifiés après que l’ordinateur d’Hervé Falciani (photo) a été saisi par les enquêteurs français Valéry Hache / AFP

C’est un rapport très technique de 17 pages, rédigé le 25 août 2010 par les divisions Enquêtes, forensique, informatique et Enquêtes, protection de l’État de la police judiciaire fédérale de Suisse. Resté jusqu’à présent dans les tiroirs du Département fédéral de justice et police à Berne, Le Point.fr a pu se le procurer. Un rapport explosif qui révèle noir sur blanc que les autorités françaises ont modifié les fameux listings dérobés à la banque HSBC à Genève et qu’il s’agit d'”une manipulation volontaire dont le mobile nous échappe”. (Cf. les fac-similés ci-dessous.)

Le Point

Pour mémoire, à la veille de Noël 2008, Hervé Falciani, informaticien à la banque HSBC à Genève, quitte précipitamment la Suisse et se réfugie sur les bords de la Méditerranée. Dans son ordinateur, 127 000 noms de fraudeurs du fisc. Dès le 9 janvier 2009, la justice suisse adresse une demande d’entraide judiciaire urgente au tribunal de grande instance de Nice. Le 20 janvier, la gendarmerie de Menton saisit chez Hervé Falciani deux ordinateurs et deux téléphones portables.

Des dizaines de milliers de comptes

Aussitôt, la Suisse réclame la restitution des listings dérobés. Ils ne reviennent à Berne qu’un an plus tard, le 21 janvier 2010. La police judiciaire constate alors que les disques durs “ne contiennent pas d’image forensique des disques durs originaux, mais qu’il s’agit bien de clones [copie bit à bit sans empreinte numérique permettant d’attester l’intégrité des données]”.

En clair, les listings contenant “des dizaines de milliers de numéros de compte, noms de détenteur, avoirs, détails des relations bancaires ainsi que de nombreuses autres informations” ont été trafiqués. Un exemple ? La dernière modification du fichier dénommé “code_pp_asset_200702.del” a eu lieu le 25 février 2009 alors que les ordinateurs d’Hervé Falciani ont été saisis le 20 janvier. De plus, “la taille dudit fichier diffère”.

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