En Syrie, le feu ne cesse pas

Ban Ki-moon et Hillary Clinton s'inquiètent de la "liberté de mouvement" des observateurs de l'ONU ? Mais dimanche à Homs, ils ont eu la chance de visiter un quartier en compagnie de Tlass, chef local des tueurs de l'ASL !

En Syrie, à la guérilla des armes se superpose sans cesse celle des bilans. Et, dans cet affrontement là, c’est cette fois l’opposition qui bénéficie d’une écrasante supériorité logistique : l’OSDH (Observatoire Syrien des droits de l’homme) continue d’imposer ses chiffres. Soit 59 victimes pour la journée de lundi, dont 31 civils dans la région de Hama, et cinq soldats. L’OSDH prétend que 28 civils ont été victimes de tirs de mitrailleuses et d’obus dans le quartier d’Arbaine à Hama, du moins selon les dires d’un de ses « correspondants« . Ce chiffre de 59 constitue un « pic » depuis l’entrée en vigueur théorique du cessez-le-feu, le 12 avril. L’OSDH, comme le CNS (conseil national syrien) , cherchant à faire capoter le plan Annan, il est fort possible que Rami Abdel Rahmane (patron londonien de l’OSDH) ait « forcé la note » pour convaincre gouvernement et opinions occidentaux de la mauvaise foi et de la brutalité du régime.

Nous avons donné le décompte de l’agence syrienne Sana pour la même journée, décompte qui concernait le nombre de victimes d’attaques terroristes à la mi-journée : quatre militaires et un civil tués. Le quotidien gratuit 20 Minutes se fait d’ailleurs l’écho de ces bilans de l’agence Sana, et ce n’est pas le seul média français à le faire : peut-être ce début d’objectivité est-il à mettre au compte d’un sursaut de conscience professionnelle, ou d’une tardive interrogation sur un unanimisme et un manichéisme médiatique qui a duré trop longtemps… Mais c’est vraiment un très léger contrepoint au discours officiel résolument pro-opposition. Continue reading