Crise du Mali, réalités géopolitiques (troisième partie)

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Par Aymeric Chauprade via E&R

Le Mali possède 5 bassins sédimentaires dont le potentiel pétrolifère est avéré :

• bassin de Taoudenni (au nord et vers la frontière mauritanienne) : 600 000 km2 pour le seul Mali mais 1,5 million de km2 partagés entre Mali, Algérie, Mauritanie, Niger. Schites riches en matière organique. Il serait comparable au bassin d’Illizi en Algérie.

• le fossé (ou graben) de Gao : 15 000 km2, un seul puit à l’heure actuelle.

• les bassins contigus de Iullemeden et Tasmena (à l’Est et frontaliers avec le Niger), 80 000 km2, deux puits à l’heure actuelle ; comparable au bassin de Doba au Tchad ou aux bassins d’affaissement paléozoïque d’Algérie.

• fossé de Nara au centre, près de Mopti, également comparable au bassin Crétacé de Doba au Tchad soit aux bassins d’affaissement paléozoïque d’Algérie.

• L’AUREP, l’Autorité pour la Recherche pétrolière au Mali soutient que le sous-sol du pays est très potentiel pour le gaz et le pétrole et le directeur Afrique du Nord de Total, Jean-François Arrighi de Casanova va dans ce sens quand il parle lui de “nouvel eldorado pétrolier” à propos de la zone Mauritanie/Mali/Niger.

Cependant, à ce jour, le Mali compte encore un faible nombre de puits et son sous-sol reste sous-exploité.

Pour l’instant, Total est surtout présent chez le voisin mauritanien.

La multinationale d’origine française est présente dans l’exploration sur les permis Ta7 et Ta8 de la partie mauritanienne du bassin de Taoudéni mais en partage avec les Algériens et les Qataris. Total possède 60%, la Sonatrach (Algérie) 20% et Qatar Petroleum International 29%.

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Les 30 000 indigènes et paysans qui ont réalisé l’impossible

 

Équateur : CHEVRON-TEXACO doit payer le plus grand dédommagement de l’Histoire.

Lors d’un procès, inédit dans le monde entier, en janvier 2012, la justice Équatorienne a confirmé la condamnation émise un an plus tôt : l’industrie pétrolièreChevron-Texaco est coupable d’avoir déversé des millions de tonnes de produits toxiques pour la forêt amazonienne et doit payer une facture de 19 200 000 000 de dollars, chiffre le plus élevé dans l’histoire des indemnisations prescrites par la justice.

Les avocats des 30 000 Indigènes et Paysans qui composent l’Assemblée des Victimes deTexaco, n’ont pas tardé à entreprendre des démarches pour recouvrer cette somme. Pas en Équateur, d’où l’entreprise américaine a retiré ses fonds il y a un moment, mais au Canada, au Brésil, en Colombie et en Argentine.

C’est dans ce dernier pays que les démarches ont donné leurs premiers résultats. Le 7 novembre la justice argentine a décrété la saisie de tous les fonds de l’entreprise. Une nouvelle que n’ont pas spécialement apprécié les investisseurs : la neuvième industrie pétrolière dans le monde a commencé le mois de décembre avec de fortes chutes en Bourse. Le premier pas pour réparer un des plus grands épandages toxiques de l’Histoire est maintenant franchi.

Le premier baril de pétrole

Le 27 juin 1972, le premier barril de prétrole de l’Amazonie Equatorienne est arrivé à Quito, et a été reçu avec tous les honneurs dus à un Chef d’État. Il était exposé sur un coussin en haut d’un char et le cortège avançait au milieu de la foule jusqu’à ce qui représentait le Temple du Collège Militaire. Au bord des rues se bousculaient les habitants de Quito qui souhaitaient la bienvenue à une nouvelle « ère de prospérité », selon la voix nasillarde de la presse nationale. Continue reading

Les sanctions contre l’Iran : Les grandes puissances ne voient pas que les temps changent (Al Akhbar)

L’image d’un Iran isolé au bord du désastre économique à cause des sanctions croissantes perd toute crédibilité à la lumière de la multiplication des liens politiques et commerciaux iraniens avec les puissances mondiales non occidentales.

Selon un reportage exclusif de Reuters, au début du mois, des acheteurs iraniens n’ont pas pu payer les 144 millions de dollars étasuniens qu’ils devaient pour une cargaison de 200 000 tonnes de riz en provenance d’Inde. D’autres rapports similaires de Reuters ont suivi, un affirmant que les commerçants asiatiques commençaient à prendre leurs distances avec la république islamique et un autre suggérant que des commerçants pakistanais “prenaient peur” de faire des affaires avec l’Iran. Un troisième rapport disait que l’Iran troquait de l’or et du pétrole contre des denrées de première nécessité, ce qui montrait les immenses difficultés que le pays traversait.

Cette série de reportages a suivi la mise en place par le président étasunien Barack Obama de nouvelles sanctions plus sévères contre le gouvernement iranien visant à geler les avoirs iraniens aux Etats-Unis et à pénaliser les transactions des banques et institutions financières iraniennes. La décision d’Obama a été accompagnée de sanctions unilatérales de l’Union Européenne contre le secteur pétrolier iranien qui constitue presque 90% des revenus de la république islamique. Pour les officiels iraniens, ces actions ne sont qu’une simple “guerre psychologique”.

Les commentateurs et les observateurs européens et nord-américains notamment, analysent les faits soulignés par Reuters comme le signe qu’il n’y a pas que les nations et les entreprises occidentales qui veulent isoler l’Iran et qui souhaitent que les sanctions soient efficaces. Les difficultés du marché de l’alimentation et la dévaluation du rial iranien qui ont causé une hausse exponentielle du prix des denrées de base sont salués comme les premiers résultats des pressions destinées à forcer l’Iran à arrêter sa course supposée vers la bombe nucléaire.

Mais la vision d’un Iran isolé et s’écroulant progressivement sous le poids d’une guerre économique pourrait fort bien n’être qu’une illusion.

L’Iran est-il isolé au plan international ?

L’article de Pepe Escobar, “l’Isolement de l’Iran est un mythe” qui a été publié sur plusieurs sites remet en question le mythe selon lequel l’Iran serait tout à fait isolé et même démontre le contraire. Continue reading